SERIGNE BASSIROU GUEYE QUITTE LE POSTE DU PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE                                                        Un passage sans honneur d’un chasseur d’opposants et d’activistes

SERIGNE BASSIROU GUEYE QUITTE LE POSTE DU PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE Un passage sans honneur d’un chasseur d’opposants et d’activistes

Le départ de l’actuel procureur de la république, Serigne Bassirou Guèye est annoncé. Cette information a été confirmée, ce lundi, par un communiqué du ministère de la justice. Il est remplacé par Amady Diouf.

PAR NICOLAS DIOUF

L’annonce a été faite il y a de cela quelques semaines mais vient de se confirmer. Parmi les chamboulements opérés au sein de la magistrature, celui qui aura attiré le plus les attentions est le limogeage du procureur Bassirou Gueye qui est désormais en détachement à la présidence de la république. Le départ du procureur est désormais officiel pour cette fois ci et c’est le magistrat Adama Diouf de la promotion 91 qui devra lui succéder. Ce lundi à l’occasion d’une réunion de préparation du conseil supé[1]rieur de la magistrature le sort de Bassirou Guèye a été officiellement scellé. Ayant une longévité jamais égalée jusque-là pour avoir duré 9 ans à ce poste, l’ancien conseiller numéro un de Mimi Touré a atterri loin du perchoir, plus précisément à la présidence. En effet, depuis des années le magistrat est devenu le symbole du visage hideux de la justice sénégalaise qui est accusée d’être le bras armé du pouvoir exécutif. Contrairement à son prédécesseur Ousmane Diagne (actuel pro[1]cureur général) qui avait tenu tête à Abdoulaye Wade surtout sur l’emprisonnement du rappeur activiste Cyril Touré alias Thiat en refusant de le déférer, Serigne Bassirou Gueye est parmi les magistrats qui n’inspire pas confiance à de nombreux sénégalais. L’un des piliers essentiels de la démocratie, la justice a été un véritable tendon d’Achille du régime de Macky Sall dont Bassirou sera l’un des symboles vivant pour avoir été procureur de la république pendant 9 ans dont les faits d’armes ne sont pas unanimement loués. Pourtant lors de la passation de service, son prédécesseur, Ousmane Diagne lui avait confié d’être le procureur de la république et non le procureur du président de la république. Malheureusement durant son règne, l’image de la justice a été écornée.

CHASSEUR D’OPPOSANTS

La manière dont le chef du parquet a diligenté certains dossiers surtout politico judiciaires ont fini de rendre les sénégalais très méfiants sur une justice à deux vitesses. D’abord c’est cette justice qui lance la traque des biens mal acquis du régime précédent où plusieurs cadors 45 selon l’ancien procureur de la cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), Alioune Ndao et 25 dossiers triés sur le volet seront examinés dont quatre diligentés: Aida Diongue, Karim Wade, Bibo bourgi et Tahibou Ndiaye. Puis, les autres qui ont rejoint la mouvance semblent bénéficier d’une immunité partisan. Ce qui fait penser aux sénégalais lamda que la CREI était lancée pour traquer les opposants. D’ailleurs, la fameuse conférence de presse sur les traques des biens mal acquis dont Karim Wade soupçonné de vouloir remplacer son père à la tête de l’Etat reste encore fraîche dans les mémoires. En rembobinant ces événements, le procureur de la république accusait karim de soupçon d’enrichisse[1]ment avec de sommes d’argents faramineuses qui dépassent presque mille milliards. Comme si cela ne suffisait pas, Serigne Bassirou Guèye se lance dans le dossier de la caisse d’avance de la ville de Dakar où Khalifa Sall est poursuivi pour détourne[1]ment d’un milliard 800 millions. Non seulement en un temps record, le dossier est vidé, les droits civiques de celui qui était le principal opposant de Macky Sall pour l’élection présidentielle de 2019 confisqués avec une violation de l’article 5 de l’UEMOA. Tous ces agissements de la justice qui présente désormais une image écornée avaient fini par agacer le peuple qui déverse sa colère au mois de mars dernier. Avec l’affaire du dossier sweet beauté dans lequel, une demoiselle répondant au nom de Adji Sarr avait accusé de viol le principal opposant de Macky Sall au sortir de l’élection présidentielle. Ce fut la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Sonko Ousmane leaders du parti PASTEF pointe un doigt accusateur sur le président de la république à qui il reproche de vouloir utiliser la justice pour le liquider politiquement. A cause de la fuite de procès verbale de la gendarmerie, nombreux sont les sénégalais qui avaient une idée néfaste d’une justice abîmée par l’exécutif. Ceci va déclencher le mois de mars. Alors que les pandores de la section de recherche étaient sur la piste d’interroger d’autres personnes qui étaient derrière ce «complot» comme le qualifie l’opposition, le pro[1]cureur reprend le dossier et porte un coup fatal à l’enquête qui allait élucider la piste de présumés commanditaires.

BÊTE NOIRE DES ACTIVISTES

Serigne Bassirou Guèye, les activistes le connaissent à merveille car il n’est pas un enfant de cœur. Dès que son limogeage est annoncé, certains activistes ont jubilé sur les réseaux sociaux. Le procureur ne donnait une marge d’erreur aux activistes. Assane Diouf, Guy Marius Sagna, Kilifeu, Simon, Karim xrrum xax, Clédor Sène etc. ont déjà fait les frais de la chasse du magistrat dont la main ne tremble pas devant les opposants du régime. Certes très éloquent, le magistrat sait comment museler les activistes et opposants. Pour condamner Guy Marius Sagna le corps de la gendarmerie est passé d’une corporation à une institution. A cause des actes qu’il a posés, Serigne Bassirou Guèye est accusé par plusieurs activistes d’être parmi les magistrats couchés qui ne sait pas dire non au bon vouloir de l’exécutif. Durant ces neuf dernières années, il a démontré qu’il est un proto[1]type parfait de la domination de l’exécutif face au pouvoir judiciaire. Sur les violences politiques, Bassirou opte pour la politique de l’omerta. Motus et bouche cousue, le magistrat préfère rester dans son coin lorsque les proches du régime exercent des violences sur leurs adversaires. Pour dénoncer un tel fait, la vassalisation du pouvoir judiciaire à l’exécutif a été décriée par des magistrats en fonction poussant même à la démission le juge Deme.

PROTECTEUR DU RÉGIME

 Dans cette période où la justice langui et dont la conduite a été dénoncée par des magistrats, le procureur de la république a ramé à contre-courant de la clameur populaire et de la demande de ses collègues. Bassirou ne semblait pas être au courant des dossiers qui accablent les partisans du chef de l’Etat. Ainsi nombreux sont des dossiers qui dorment dès lors dans les tiroirs. En titre d’exemple, dans le dossier de l’ancien directeur du COUD, Cheikh Oumar Hann, qui a été épinglé par l’office nationale de lutte contre la corruption, le procureur s’était déchargé sur les agents de l’OFNAC prétextant qu’on lui a fourni un rapport incomplet. Une telle sortie a été l’origine d’une passe d’arme entre lui et l’actuelle présidente de l’OFNAC, Seynabou Ndiaye Diakhaté. D’ailleurs l’af[1]front le plus humiliant dénoncé par des jeunes magistrats est la sortie du président Macky Sall qui disait lors de sa sortie du 31 décembre 2020, qu’il contrôle la justice et les poursuites se faisaient avec son bon vouloir. Contre les activistes, on constate une justice punitive ou Serigne Bassirou Guèye est toujours sur la pointe des pieds pour s’autosaisir. Pourtant le procureur semble faire la sourde oreille dans les scandales qui éclaboussent des proches du régime. Son successeur (Amady Diouf) a donc un vaste chantier à achever pour redonner de l’espoir aux citoyens qui ont presque perdu confiance au pouvoir judiciaire surtout pour ce qui est des dossiers politico judiciaires. Malgré sa longévité (9 années) au poste du procureur de la république, Bassirou Gueye partira presque sans honneur. Il ne marquera pas l’histoire de la magistrature à l’image de Kéba Mbaye, Ousmane Diagne dont les noms ont sur[1]vécu à l’épreuve du temps car les actes historiques posés ont hissé leurs noms au panthéon. Pour ce qui est du poste du doyen des juges qui était vacant depuis le rappel à Dieu de feu Samba Sall, le juge Oumar Maham Diallo président de la cour d’appel de Ziguinchor l’a hérité.

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