REHABILITATION DU POSTE DU PREMIER MINISTRE                                 Macky, un génie qui tâtonne

REHABILITATION DU POSTE DU PREMIER MINISTRE Macky, un génie qui tâtonne

Le président Macky Sall est entrain de tâtonner pour trouver la bonne formule. Après avoir accaparé tous les pouvoirs, ce qui lui a valu d’ailleurs les émeutes du mois de mars, il restaure le poste de Premier Ministre qui lui servait de tampon avec l’opposition. Cherche-t-il à apaiser le climat politique face à une opposition qui ne cesse de le pilonner après avoir vécu un harcèlement dans le silence durant presque 8 années d’affilée ?

PAR NICOLAS DIOUF

La suppression du poste de Premier Ministre a été une véritable erreur politique que le Président de la République ne devrait jamais commettre. A-t-il été induit en erreur par son entourage ou a-t-il agi en solo pour l’imposer à son entourage? Quel que soit le scénario, le constat est que nombreux sont les analystes politiques qui croient que le Président s’est brulé les ailes avec le feu qu’il a allumé pour mettre en garde les opposants et les prétendants à son fauteuil au sein de son parti. En voulant être le seul maitre à bord, il s’est taillé un pouvoir sur mesure par lequel à lui seul il tire les ficelles, devenant ainsi l’Alpha et l’Oméga de la république. Pourtant, il savait qu’en prenant une telle décision il s’ex[1]posait. Mais, le Président a démontré sa faiblesse : la phobie de l’adversité. Après la présidentielle de 2019 qui l’a vu réélu pour un second et dernier mandat selon l’esprit de la réforme constitutionnelle de 2016, Macky était bien sûr, par les actes qu’il a posés, habité par une volonté de briguer un troisième mandat. Ainsi, il a changé d’approche politique en s’éloignant des khalifes Généraux puisqu’il leur avait pro[1]mis qu’il ferait un deuxième et dernier mandat en 2019. Malheureusement après sa victoire à 58%, il ne voulait plus de dauphin car dans son entourage on comptait des élements qui étaient trop prétentieux à ses yeux comme Amadou Bâ, Aly Ngouille Ndiaye, Mactar Cissé et Omar Youm. D’ailleurs tous ces prétentieux passeront à la guillotine de l’actuel locataire du Palais sans état d’âme. Les fau[1]cons les traineront dans la boue et ils seront humiliés après avoir rendu service au maitre en violant dès fois les règles élémentaires de la démocratie.

 ECHEC D’UN AUTOCRATE

 Macky Sall ne s’est privé de rien pour arriver à ses fins. Lors du vote de la loi, le 04 mai 2019, Guys Marius Sagna, le professeur Babacar Diop et Abdourahmane Sow qui avaient manifesté contre la suppression de ce poste devant l’Assemblée Nationale ont été bâillonnés, trainés puis emprisonnés. Deux ans plus tard l’histoire leur a donné raison car le président Macky Sall est revenu à la case départ. Le maitre du Palais est entrain de tâtonner et les pièges qu’il avait tendus à ses adversaires même imaginaires, sont en train de le confondre véritablement. Pour Abdoul Mbaye, ancien Premier Ministre, Macky se cherche. « Macky SALL change la Constitution du Sénégal pour la cinquième fois en 9 ans. Il a assurément foi en la Constitution du Sénégal! (Blinken dixit). Nos amis étrangers ne voient assuré[1]ment pas ce que nous vivons. Où mène-t-il notre Sénégal ? » a soutenu M. Mbaye. Après la suppression du poste de Premier Ministre, le Ministre de la justice et Garde des Sceaux, Malick Sall, ne s’était nullement gêné de vanter la décision qui allait, à son avis, per[1]mettre à l’Etat d’économiser au moins 13 milliards de nos francs. Mieux, certains analystes proches du régime parlaient du génie politique de Macky Sall qui, par un coup magique, a fait trans[1]humer Idrissa Seck, aprés avoir procédé à la suppression du poste de chef du Gouvernement. A cause d’une telle décision, lui qui se croyait omnipotent, ne savait pas qu’il était en train de s’exposer face à une opposition en construction. Après avoir fini de réduire son entourage à un groupe de valets qui lui devait obéissance et vassalisé la justice, en pourchassant les insoumis, il ne lui restait plus qu’à faire dérouler son programme dont l’arrestation de Sonko Ousmane comme dernier acte, allait définitivement lui ouvrir un boulevard pour le troisième mandat. Malheureusement, il ne pensait pas que, malgré les 58% de l’électorat, (après le ralliement de tous les trois autres candidats), il n’était plus ce puissant homme de 2012. Cette politique du recours au bâton contre un opposant radical après un échec de la politique de la carotte, a anéanti les espoirs d’une troisième candidature qui tue en Afrique. Pour le député et leader du parti Tekki Mamadou Lamine Diallo, ce revirement est une défaite du régime. «Rétablissement du poste de PM, Macky Sall et BBY reviennent en arrière toute honte bue. Les émeutes de mars, la position américaine anti 3e mandat et les difficultés économiques PostCovid sont passées par là. J’ai toujours affirmé qu’un Sénégal sans PM est intenable» a-t-il pesté par tweet.

MARS TRAUMATISE LE MAÎTRE DU PALAIS

En effet, au sortir des événements du mois de mars où le chef de l’Etat a subi une humiliation qu’aucun président n’a connu depuis les indépendances, Macky a constaté son impopularité. Du coup, il n’avait plus de choix que de procéder à un remaniement gouvernemental et de restaurer le poste de Premier Ministre qui lui servait de fusible politique et peut-être dans un avenir de rétablir Karim Wade et Khalifa Sall dans leurs droits civiques afin d’éviter ainsi la dualité avec un jeune opposant, Ousmane Sonko, dont la popularité commence à dépaser les frontières du Sénégal. Après les évènements de mars, le changement de paradigme imposait la restauration du poste de Premier Ministre. Malheureusement, habité par un orgueil mal placé, l’ancien Premier Ministre du Président Abdoulaye Wade s’était défendu de procéder illico presto à cet exercice car l’assimilant à un signe de faiblesse de sa part. Le chef de l’Etat préfèrera ainsi retarder cette décision pour camoufler son erreur en tenant à tout faire afin de faire oublier les évènements du mois de mars. Malheureusement, il n’avait plus le choix puisqu’il est esseulé, sur[1]tout que le marquage à la culotte que lui inflige l’opposition sera de plus en plus strict d’ici 2024.

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