POLITIQUE MIGRATOIRE                               La Fondation Heinrich Böll plaide pour l’application du document

POLITIQUE MIGRATOIRE La Fondation Heinrich Böll plaide pour l’application du document

Le Sénégal a finalisé et validé sa politique migratoire en 2018, mais le document dort toujours dans les tiroirs, alors que nous assistons toujours au drame de l’immigration par la mer, par la voie terrestre avec beaucoup de drames humains, s’est désolée Usha Ziegelmayer, directrice de la Fondation Heinrich Böll. Elle s’exprimait hier lors de la cérémonie d’ouverture de l’atelier de validation et de concertation de la note contributive sur la gouvernance migratoire au Sénégal.

 PAR PAPA MOUSSA CAMARA

 La question de la migration irrégulière revient au-devant de la scène. La Fondation Heinrich Böll et d’autres organisations de la société civile, partenaires et ONG, ont procédé, hier, à la cérémonie d’ouverture de l’atelier de validation et de concertation de la note contributive sur la gouvernance migratoire au Sénégal. Cet événement a servi de tribune à Usha Ziegelmayer, directrice de la Fondation Heinrich Böll pour pointer du doigt l’inertie du gouvernement du Sénégal de mettre en pratique la politique migratoire qu’il a déjà validée. « Le Sénégal a validé sa politique migratoire en 2018, il est en avance sur beaucoup de pays. Mais ce document qui a été finalisé et validé en 2018, et jusqu’à aujourd’hui, nous sommes en 2021, il dort dans les tiroirs. Alors que nous assistons toujours au drame de l’immigration par la mer, par la voie terrestre avec beaucoup de drame, de perte en vie humaine », a noté Usha Ziegelmayer. Selon elle, « il y a beaucoup de choses à faire en termes de gouvernance de la migration. En tant que fondation de Heinrich Böll, on était content de pouvoir accompagner ces acteurs très engagés de la société civile pour partager leur réflexion, leurs propositions, leurs idées, en termes d’orientation de priorité de gouvernance migratoire au Sénégal ». A l’en croire, « il faut dire que ce n’est pas un document finalisé. C’est un draft qui a été présenté par le Professeur Mamadou Dimé. L’idée de cet atelier ce n’est pas juste de le présenter, mais c’est un atelier de réflexion de deux jours avec les acteurs étatiques des différents ministères impliqués. Ce pour partager les réflexions de la société civile. Aussi d’avoir une structure institutionnelle qui peut de façon très holistique s’occuper de la migration ». De son côté, le député Aboubacry, s’est félicité d’avoir représenté l’ensemble des députés de la diaspora pour participer à cet événement. Selon lui, il faut l’implication des acteurs, dans cette politique pour de meilleurs résultats. « Le migrant ce n’est pas le professeur qui est parti enseigner, ce n’est pas l’ingénieur qui est parti à l’étranger, ce n’est pas le diplomate seulement, mais il y a les ouvriers, les maçons, les commerçants. Toutes sont des personnes à tenir compte par rapport à la politique migratoire », a-t-il indiqué. Comme pour appuyer les propos du Député, le Pr. Ndioro Ndiaye Présidente Alliance pour la Migration, le leadership et le Développement (AMLD) a soutenu pour sa part que ce document devrait prendre en compte toute la géopolitique de la migration. « Cette politique migratoire est une note qui a été rédigée en consensus avec la plu[1]part des acteurs de la société civile au Sénégal qui travaillent sur la migration. Des acteurs de terrain, mais également des chercheurs, les personnes qui travaillent dans les think tank, les universitaires également. Ce document devrait prendre en compte toute la géopolitique de la migration. Ce qui n’existe pas dans le document. Ce qui est de l’apanage de l’Etat », dit-elle. Pour la Présidente de l’AMLD, « il serait plus judicieux d’associer d’autres personnes qui n’ont pas eu la chance d’être lié à la rédaction de cette politique migratoire au Sénégal. Je répète encore que la comptabilité de la gestion migratoire est du ressort de l’Etat. Mais je pense que dans tout Etat qui se respecte, on ouvre les porte à la discussion et la société civile à son mot à dire… Aucune politique de développement ne peut prospérer si on intègre, soit les causes, les impacts, et les manifestations de la migration ». Pour rappel, au moins 75 migrants se sont noyés dans la mer Méditerranée au nord de la Libye, il y a quelques jours, alors qu’ils tentaient de rejoindre l’Italie par bateau. L’annonce a été faite lundi dernier par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

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