ELECTIONS MUNICIPALES                    Ndeye Ndiaye Tyson à l’asaut de la mairie de Guinaw Rail Nord

ELECTIONS MUNICIPALES Ndeye Ndiaye Tyson à l’asaut de la mairie de Guinaw Rail Nord

« Je crois en mes rêves, c’est la raison pour laquelle je suis persuadée que je pour[1]rais devenir la mairesse de Pikine Guinaw Rail Nord à l’occasion des prochaines élections locales, d’autant plus que le fait d’être maire ne se décrète pas ». Cette déclaration est celle de la promotrice de lutte, Ndèye Ndiaye Tyson. Elle a tenu ces propos le mardi 05 octobre 2021 dans un entretien accordé au quotidien « Le Mandat ». Bien que plus connue pour ses activités en lien avec l’arène nationale, la native de Pikine est pourtant une ancienne responsable politique du Parti démocratique sénégalais (PDS). En 2019, elle a créé un mouvement politique dénommé Forces populaires en mouvement (FPM). Entretien…

 PAR PAPA MOUSSA CAMARA

La plupart des Sénégalais vous ont connue en tant que promotrice de lutte, alors pourquoi avez- vous décidé de dépasser ce cadre pour vous mêler dans des courses purement politiques ? Effectivement, la majeure partie des gens m’ont connue à travers la lutte, mis à part les habitants du département de Pikine ou encore les militants du Parti démocratique sénégalais (PDS), car c’est l’ancien président de République, Abdoulaye Wade, qui m’a formée en matière de politique. Nous avons cheminé ensemble avant et après son accession à la magistrature suprême. De plus, je suis femme de développement et j’œuvre dans le social. Mais, on me connait davantage dans le domaine de la lutte qu’ailleurs, parce que celle-ci est un sport béni. Les jeunes disent s’adonner à cette pratique pour aider leurs parents. A cela s’ajoutent les temps d’antenne accordés par les télévisions et les radios à l’occasion des combats de lutte. Ceci contribue de facto à ma célébrité par le biais de la lutte.

Pourquoi vous comptez déposer votre candidature pour les prochaines municipales à Guinaw Rail Nord ?

Ce n’est pas la première fois que j’envisage de diriger la mairie de Guinaw Rail Nord. D’ailleurs, Abdoulaye Wade m’avait choisie comme tête de liste du PDS lors de l’élection municipale de 2009. J’étais sortie deuxième à l’issue de cette élection. Le gagnant m’avait devancée de moins de 100 voix seulement. Donc, j’avais mis le paquet à l’époque.

Le ministre de l’Intérieur a sorti un décret pour conditionner la participation aux élections municipales et législatives à venir par une caution de 15 millions de FCFA. Etes-vous prête à débourser cette somme malgré tous les risques encourus ?

 Bien sûr que oui ! Quand on veut quelque chose, on se donne à fond. Il faut avoir confiance en soi et croire en Dieu Le Tout Puissant. Si tu connais dans quoi tu t’en[1]gages et ce que tu veux, tu vas logiquement t’impliquer au maximum. Alors, 15 millions est plus ou moins colossale comme somme d’argent, car quand tu te remets à Dieu, ce montant n’est pas vrai[1]ment faramineux à tes yeux. Néanmoins, il faut être déterminé.

Selon vous, cette caution est-elle exagérée ?

 Je concède que cette caution n’est pas normale, en ce sens qu’il y a des citoyens aimés par leurs voisins pour leurs compétences et leur engagement exceptionnel pour leurs localités, mais qui ne sont pas en mesure de fournir les 15 millions. Sous aucun prétexte, on ne doit empêcher à ces personnes serviables de tenter leurs chances à recueillir les votes de leurs concitoyens dans une vraie démocratie. On peut ne pas avoir 15 millions et être beaucoup plus compétent et patriote que quelqu’un qui a tous les moyens financiers. Pire, certains politiciens voient en cette caution une manière d’investir ni plus ni moins. Une fois élus, ils vont se mettre seulement à récupérer la somme qu’ils ont eu à décaisser et gérer leurs intérêts crypto-personnels, au grand mépris de leurs sujets.

Tout à l’heure, vous avez parlé de vos relations bienveillantes avec Abdoulaye Wade et le PDS, alors sous quelle bannière comptez-vous aller dans échéances municipales à Guinaw Rail Nord ?

Non, je n’irai pas dans ce scrutin sous les couleurs du PDS. D’ailleurs, j’ai quitté ce parti il y a longtemps. J’ai créé en 2019 un mouvement qui s’appelle Forces populaires en mouvement (FPM) avec des personnes dynamiques qui se trouvent à travers tout le pays. C’est justement avec ce mouvement que j’ai décidé d’aller aux futures élections locales.

Actuellement, comment évoluent vos relations avec Maitre Wade ?

Abdoulaye Wade a fait énormément de choses dans ce pays et a formé bien des Sénégalais. Le Président Wade a eu confiance en lui-même, ce qui lui a valu le titre de chef de l’Etat. Aussi, je prie pour Karim Wade d’avoir la force de surmonter les difficultés auxquelles il fait face et qu’il soit porté un jour à la tête du Sénégal.

En tant que femme, est-ce que vous pensez réellement que vous pouvez gagner l’élection municipale dans un pays, comme le Sénégal, où beaucoup de gens sont réfractaires à l’idée de laisser les femmes diriger les postes de responsabilités ?

 Je crois en mes rêves, c’est la raison pour laquelle je suis persuadée que je pourrais devenir la mairesse de Pikine Guinaw Rail Nord dans les prochaines élections locales, d’autant plus que le fait d’être maire ne se décrète pas. Surtout quand il s’agit d’une femme qui a toujours ménager aucun effort pour aider ses voisins avec ses propres moyens. Les Sénégalais connaîtront la véritable joie de vivre le jour où ils laisseront davantage les femmes occuper les postes de décisions. La femme est plus compatissante, plus solidaire et plus attachée à sa famille. C’est cette même réalité qui prévaut dans la politique également.

Quel est ton projet pour cette saison de lutte en tant que promotrice ?

Nous avons mis sur pied un programme dès le début de la saison. En plus de Dakar, nous avions ciblé Fatick, Joal et Mbour, mais à cause de la pause imposée par le gouvernement sur fond de pandémie de Covid[1]19, le projet a été interrompu, quoique cette décision ait trouvé que nous avions déjà organisé l’évènement de Fatick le 20 juin dernier. Maintenant, nous attendons le mois de janvier 2022 pour nous réorienter.

Nous avons constaté que la lutte sénégalaise est confrontée à des difficultés, surtout le sponsoring, comment trouvez-vous cette situation ?

 C’est vraiment difficile. Parfois, les promoteurs perdent de l’argent dans les combats de lutte. C’est pourquoi j’en appelle de mes vœux aux sponsors de nous soutenir. Les promoteurs participent au développement de ce pays, en permettant aux jeunes de gagner leur vie et d’aider leurs parents et proches.

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